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Test ADN en France

  • infotest ADN
  • 31 déc. 2025
  • 9 min de lecture
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Test ADN en France : législation, sanctions pénales et risques juridiques


En France, les tests ADN sont encadrés par une législation particulièrement stricte, faisant de notre pays l'un des plus restrictifs d'Europe en la matière. Contrairement à de nombreux pays voisins, la réalisation d'un test ADN privé sans cadre légal expose à des sanctions pénales.


Cette page vous explique en détail :

  • Le cadre légal : ce qui est autorisé et dans quelles conditions

  • Les sanctions pénales : amendes et peines d'emprisonnement encourues

  • Les risques juridiques concrets : pourquoi et comment vous pouvez être sanctionné

  • Les exceptions légales : quand un test ADN est-il autorisé ?

  • Les alternatives : que font les Français dans la pratique ?

  • L'évolution législative : vers une future légalisation ?


Le cadre légal : articles 16-10 à 16-13 du Code civil


Article 16-10 : protection de l'intégrité génétique

L'examen des caractéristiques génétiques d'une personne ne peut être entrepris qu'à des fins médicales ou de recherche scientifique. Le consentement exprès de la personne doit être recueilli par écrit préalablement à la réalisation de l'examen, après qu'elle a été dûment informée de sa nature et de sa finalité.


Ce que cela signifie : Votre ADN fait partie de votre vie privée et de votre intégrité personnelle. Personne ne peut analyser votre patrimoine génétique sans votre consentement écrit et éclairé.


Article 16-11 : les cas d'identification génétique autorisée

L'identification d'une personne par ses empreintes génétiques ne peut être recherchée que :


1. Dans le cadre d'une procédure judiciaire :

  • Mesures d'enquête ou d'instruction diligentées lors d'une procédure judiciaire

  • Établissement ou contestation d'un lien de filiation

  • Obtention ou suppression de subsides (pensions alimentaires)

2. À des fins médicales ou de recherche scientifique

3. Pour identifier des personnes décédées dont l'identité est inconnue


En matière de filiation : L'identification ne peut être demandée que dans le cadre d'une mesure d'instruction ordonnée par le juge saisi d'une action en justice.


Point essentiel : Le consentement exprès de la personne doit être recueilli préalablement, sauf impossibilité. Même dans un cadre judiciaire, une personne peut refuser le test (bien que ce refus puisse être interprété par le juge).


Article 16-12 : qui peut réaliser un test ADN ?


Seules des personnes habilitées peuvent procéder à des identifications par empreintes génétiques. Dans le cadre judiciaire, ces professionnels doivent être inscrits sur une liste d'experts judiciaires.


Conséquence : Les laboratoires commerciaux étrangers ne respectent pas ces exigences. Leurs résultats n'ont aucune valeur juridique en France.


Article 16-13 : interdiction de la recherche d'identité génétique hors cadre légal


Aucune identification par empreintes génétiques ne peut être entreprise en dehors des cas prévus par l'article 16-11.

C'est ici que se trouve l'interdiction des tests ADN privés "de curiosité" ou récréatifs en France.


Les sanctions pénales : ce que vous risquez vraiment


Article 226-28 du Code pénal : sanctions pour test ADN illégal


Le fait de rechercher l'identification par ses empreintes génétiques d'une personne en dehors des cas prévus par la loi est puni de :

  • 1 an d'emprisonnement

  • 15 000 euros d'amende


Ces sanctions s'appliquent à toute personne qui :

  • Commande un test ADN privé hors cadre légal

  • Fait analyser l'ADN d'une autre personne sans son consentement

  • Utilise un service de test ADN commercial pour établir une filiation


Important : La loi sanctionne également les intermédiaires. Les professionnels de santé ou laboratoires qui réaliseraient des tests en dehors du cadre légal encourent les mêmes peines.


Article 226-28-1 du Code pénal : détournement de finalité


Le fait de détourner de leur finalité médicale ou de recherche scientifique les informations recueillies sur une personne au moyen de l'examen de ses caractéristiques génétiques est puni de :

  • 1 an d'emprisonnement

  • 15 000 euros d'amende


Circonstances aggravantes


Les peines peuvent être alourdies dans certaines situations :

  • Test réalisé sur un mineur sans autorisation des deux parents

  • Test réalisé à l'insu de la personne concernée

  • Utilisation frauduleuse des résultats


Les risques juridiques concrets : pourquoi vous pouvez être poursuivi


1. Risque pénal : sanctions pénales


Cas de figure :

  • Vous commandez un kit de test ADN sur Internet auprès d'un laboratoire étranger

  • Vous réalisez le test vous-même ou faites tester votre enfant

  • Vous recevez les résultats par email ou courrier


Pourquoi c'est illégal :

Vous avez fait "rechercher l'identification par empreintes génétiques d'une personne en dehors des cas prévus par la loi" (article 226-28).


Sanctions encourues :

  • 1 an de prison

  • 15 000 € d'amende


Dans la pratique : Les poursuites pénales restent rares car les contrôles sont difficiles à mettre en œuvre. Cependant, si vous utilisez les résultats dans une procédure judiciaire ou que l'autre parent porte plainte, vous vous exposez concrètement à ces sanctions.


2. Risque lié au consentement : atteinte à la vie privée


Cas particulièrement à risque : test sur un enfant mineur

Si vous faites réaliser un test ADN sur votre enfant sans l'accord de l'autre parent, vous commettez :


a) Une infraction pénale (article 226-28)

  • Sanctions : 1 an de prison, 15 000 € d'amende

b) Une atteinte à l'autorité parentale

  • L'autre parent peut déposer plainte

  • Vous pouvez être poursuivi pour atteinte aux droits de l'autre parent

c) Des conséquences en matière familiale

  • Le juge aux affaires familiales peut en tenir compte dans l'attribution de la garde

  • Risque de modification des droits parentaux à votre encontre


Cas réel : Un père ayant fait tester son enfant à l'insu de la mère s'est vu retirer une partie de ses droits de visite après que la mère a porté plainte. Le juge a considéré que cet acte révélait un manquement grave à l'autorité parentale conjointe.


3. Risque d'irrecevabilité : aucune valeur juridique


Vous ne pourrez pas utiliser les résultats en justice

Si vous souhaitez contester une filiation, les résultats d'un test ADN privé :

  • Ne sont pas recevables devant un tribunal français

  • Ne constituent pas une preuve légale

  • Peuvent se retourner contre vous : le juge peut considérer votre démarche comme une faute


La bonne démarche : Saisir le juge pour demander une expertise judiciaire ordonnée (seule recevable en France).


4. Risque lié aux données personnelles (RGPD)


Les données génétiques sont des données sensibles au sens du RGPD. Leur traitement est strictement encadré.


En utilisant un laboratoire étranger, vous :

  • Transférez vos données génétiques hors de France

  • N'avez aucune garantie sur leur protection

  • Risquez une utilisation non consentie (recherche, revente à des tiers)

  • Ne bénéficiez pas des protections du droit français


Attention : Certaines sociétés de tests génétiques ont été impliquées dans des scandales de revente de données ou de partage avec des assurances et des autorités.


Les exceptions : quand un test ADN est-il légal ?


Test ADN dans le cadre d'une procédure judiciaire


1. Action en recherche de paternité

Vous pouvez saisir le Tribunal judiciaire pour :

  • Établir un lien de filiation

  • Contester une filiation existante

  • Obtenir des subsides (pension alimentaire)


Procédure :

  • Vous déposez une requête auprès du tribunal

  • Le juge ordonne une expertise génétique si les éléments le justifient

  • L'expertise est réalisée par un expert judiciaire inscrit sur la liste de la Cour d'appel

  • Le consentement des participants est requis (un refus peut être interprété comme un aveu)


Délai : L'action en recherche de paternité peut être engagée pendant toute la minorité de l'enfant et dans les 10 ans suivant sa majorité.


Coût : Les frais d'expertise (entre 300 et 800 €) sont généralement avancés par le demandeur, puis mis à la charge du défendeur si la demande est fondée.


2. Procédure pénale

Dans le cadre d'une enquête ou instruction judiciaire, le procureur de la République ou le juge d'instruction peut ordonner un prélèvement ADN.


Attention : Le refus de se soumettre au prélèvement peut être sanctionné dans certains cas (article 706-56 du Code de procédure pénale).


Test ADN médical


Les tests génétiques sont autorisés à des fins médicales :

  • Diagnostic d'une maladie génétique

  • Recherche d'une prédisposition génétique

  • Adaptation d'un traitement (pharmacogénétique)


Conditions :

  • Prescription médicale obligatoire

  • Consentement écrit et éclairé du patient

  • Réalisation dans un laboratoire autorisé (agréé par l'Agence de la biomédecine)

  • Consultation génétique obligatoire pour certains tests


Ces tests ne concernent pas la filiation.


Que font les Français dans la pratique ?


Une pratique courante malgré l'interdiction


Selon plusieurs sources, 100 000 à 150 000 Français commanderaient chaque année des tests ADN à l'étranger, principalement pour :

  • Établir une filiation (tests de paternité, maternité)

  • Rechercher leurs origines (tests généalogiques)

  • Découvrir leur ascendance ethnique


Pourquoi une telle pratique ?

  • Rapidité : résultats en 5 à 10 jours

  • Confidentialité : test à domicile

  • Accessibilité : commande en ligne, prix abordables (80 à 200 €)

  • Absence de contrôle : les kits passent rarement les douanes


Pourquoi les contrôles sont-ils limités ?


1. Difficulté technique

  • Petits paquets difficiles à identifier dans le flux postal

  • Pas de marqueur évident sur les enveloppes

  • Volume très important de colis internationaux


2. Priorités judiciaires

  • Les parquets privilégient les infractions plus graves

  • Peu de plaintes déposées

  • Ressources judiciaires limitées


3. Absence de dommage immédiat

  • Pas de victime directe dans la plupart des cas

  • Infraction considérée comme "victimless crime"


Résultat : Les poursuites pénales sont très rares en pratique, mais le risque légal demeure.


Quand le risque devient-il réel ?


Vous vous exposez concrètement à des poursuites dans ces situations :


1. Utilisation des résultats en justice

Si vous présentez les résultats d'un test ADN privé devant un tribunal, vous reconnaissez implicitement avoir commis l'infraction. Le juge peut :

  • Écarter la preuve

  • Signaler l'infraction au procureur

  • Vous sanctionner pour cette démarche


2. Plainte de l'autre parent

Si l'autre parent découvre que vous avez fait tester l'enfant à son insu :

  • Il/elle peut déposer plainte

  • Le parquet peut vous poursuivre

  • Les sanctions pénales deviennent concrètes


3. Conflit familial

En cas de séparation conflictuelle, l'utilisation de tests ADN privés peut être utilisée contre vous dans la procédure familiale.


4. Enquête connexe

Si vous êtes impliqué dans une autre procédure judiciaire, la découverte d'un test ADN illégal peut aggraver votre situation.


Pourquoi la France est-elle si restrictive ?


Une exception européenne


La France est le seul pays d'Europe à interdire et sanctionner pénalement les tests ADN récréatifs depuis 2011 (loi de bioéthique n°2011-814).


Comparaison européenne :

  • Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, Belgique, Suisse : tests ADN privés autorisés avec encadrement

  • Italie, Portugal : tests autorisés pour la filiation avec consentement des parties

  • France : interdiction totale hors cadre judiciaire ou médical


Les raisons de cette restriction


1. Protection de la vie privée et de la famille

  • Éviter les "révélations brutales" pouvant déstabiliser les familles

  • Protéger les secrets de famille

  • Préserver l'équilibre familial, notamment pour les enfants


2. Principe "la vérité biologique n'est pas toujours juridique"

  • En droit français, la filiation est avant tout un lien juridique et affectif

  • La paternité biologique ne prime pas automatiquement sur la paternité légale

  • La possession d'état (reconnaissance sociale) a une importance majeure


3. Encadrement de l'accès à l'information génétique

  • Crainte de dérives eugénistes

  • Protection contre les discriminations génétiques

  • Contrôle de l'usage des données génétiques


4. Préservation de l'ordre public

  • Éviter la remise en cause systématique des filiations établies

  • Maintenir la stabilité des familles

  • Prévenir les conflits familiaux


Une position de plus en plus contestée


Arguments des opposants à cette interdiction :


1. Droit à connaître ses origines

  • Reconnu par la Cour européenne des droits de l'homme

  • Demande forte des personnes nées sous X ou par don de gamètes

  • Besoin identitaire légitime


2. Inefficacité de l'interdiction

  • 150 000 Français commandent des tests chaque année

  • Impossible de contrôler les achats à l'étranger

  • La loi est contournée sans difficulté


3. Inégalité d'accès à la justice

  • Procédure judiciaire longue et coûteuse

  • Obstacle pour les personnes aux revenus modestes

  • Nécessité de prouver des "présomptions ou indices graves" avant que le juge ordonne l'expertise


4. Retard sur l'évolution sociétale

  • Multiplication des familles recomposées

  • Besoin de sécurisation des liens de filiation

  • Évolution des mentalités sur le secret des origines


Alternatives légales : que pouvez-vous faire ?


Si vous avez un doute sur la filiation


1. Engager une action en justice (solution légale)

Procédure :

  • Consultez un avocat spécialisé en droit de la famille

  • Constituez un dossier avec tous les éléments de preuve disponibles (photos, témoignages, correspondances, etc.)

  • Déposez une requête au Tribunal judiciaire

  • Le juge appréciera si les "présomptions ou indices graves" justifient une expertise ADN

  • Si le juge ordonne l'expertise, elle sera réalisée par un expert judiciaire


Avantages :

  • Procédure légale et sécurisée

  • Résultats juridiquement opposables

  • Protection des droits de toutes les parties


Inconvénients :

  • Procédure longue (6 à 18 mois)

  • Coût (frais d'avocat + frais d'expertise)

  • Nécessité de convaincre le juge


2. Médiation familiale

Avant d'engager une action judiciaire, la médiation peut permettre :

  • D'obtenir le consentement de toutes les parties pour un test

  • De préparer les conséquences psychologiques

  • De trouver un accord sur la suite à donner


3. Reconnaissance volontaire

Si le père biologique présumé est d'accord, il peut effectuer une reconnaissance volontaire de l'enfant, sans test ADN.


Si vous souhaitez commander un test à l'étranger


Nous ne pouvons pas vous recommander cette démarche car elle est illégale en France.

Cependant, si vous décidez de passer outre l'interdiction, sachez que :


1. Choisissez un laboratoire accrédité

  • Vérifiez les accréditations internationales (ISO 17025, AABB, etc.)

  • Privilégiez les laboratoires reconnus et établis


2. Assurez-vous du consentement

  • Ne testez jamais un enfant sans l'accord des deux parents

  • Ne prélevez jamais d'ADN à l'insu de la personne

  • Le non-respect du consentement aggrave considérablement les risques juridiques


3. Protégez vos données

  • Lisez attentivement la politique de confidentialité

  • Vérifiez que le laboratoire ne revendra pas vos données

  • Préférez l'anonymat si possible


4. N'utilisez pas les résultats en justice

  • Ces résultats ne sont pas recevables devant un tribunal français

  • Les présenter pourrait se retourner contre vous

  • Utilisez-les uniquement pour votre information personnelle


5. Assumez les risques

  • Vous êtes passible de 1 an de prison et 15 000 € d'amende

  • En cas de conflit, l'autre parent peut porter plainte

  • Les résultats peuvent déstabiliser votre famille


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