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Syndrome MRKH et test ADN : ce que la génétique peut réellement révéler

  • 21 juil.
  • 9 min de lecture

Le syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser, plus souvent appelé syndrome MRKH, est une particularité congénitale rare du développement de l’appareil reproducteur féminin. Il se caractérise principalement par l’absence ou le développement incomplet de l’utérus et de la partie supérieure du vagin.


Syndrome MRKH et test ADN

Comme le syndrome concerne des organes reproducteurs, une question revient souvent : peut-on le détecter avec un test ADN ? Un résultat génétique peut-il expliquer son origine ? Et pourquoi certains tests semblent-ils rencontrer des difficultés lorsqu’ils analysent les chromosomes sexuels ?


La réponse demande de distinguer plusieurs analyses très différentes. Un test ADN de généalogie ou de filiation ne poursuit pas le même objectif qu’un caryotype ou qu’une analyse réalisée dans un service de génétique médicale.


Qu’est-ce que le syndrome MRKH ?


Le syndrome MRKH apparaît pendant le développement embryonnaire, lorsque les structures appelées canaux de Müller ne se développent pas normalement. Ces structures sont à l’origine de l’utérus, du col de l’utérus et d’une partie du vagin.


Les personnes concernées possèdent généralement :

  • des organes génitaux externes d’apparence habituelle ;

  • des ovaires présents et fonctionnels dans la majorité des cas ;

  • un développement normal de la poitrine et des autres caractères sexuels à la puberté ;

  • un caryotype féminin classique, généralement noté 46,XX.


Le syndrome est souvent découvert à l’adolescence en raison d’une absence de premières règles, appelée aménorrhée primaire. Il concernerait approximativement une naissance féminine sur 4 500 à 5 000.


Deux formes principales


Les médecins distinguent habituellement deux formes :

  • le MRKH de type I, lorsque l’absence ou le développement incomplet de l’utérus et du vagin constitue la principale particularité ;

  • le MRKH de type II, lorsqu’il existe également d’autres malformations, notamment rénales, osseuses, auditives ou, plus rarement, cardiaques.


Cette distinction peut orienter les examens complémentaires et l’éventuelle consultation en génétique médicale.


Quel est le lien entre le syndrome MRKH et l’ADN ?


L’ADN contient les instructions qui participent au développement du corps humain. Toutefois, le passage d’une information génétique à la formation d’un organe est complexe.


Dans un syndrome MRKH classique, les chromosomes sexuels sont généralement XX. Il ne s’agit donc pas d’une absence de chromosome X, de la présence inattendue d’un chromosome Y ou d’un ADN qui serait « indéterminé ».


La particularité se situe principalement dans la formation des structures reproductrices internes pendant la vie embryonnaire. Les ovaires, qui ont une origine embryologique différente de celle de l’utérus, peuvent continuer à fonctionner et à produire des hormones.


Autrement dit, une personne peut posséder un caryotype 46,XX et des ovaires fonctionnels tout en étant née sans utérus complètement développé. Les chromosomes sexuels ne suffisent pas, à eux seuls, à décrire toute l’anatomie reproductive d’une personne.


Le syndrome MRKH est-il une maladie génétique héréditaire ?


La réponse n’est pas encore définitive.

La majorité des cas de syndrome MRKH semblent isolés, sans autre personne concernée dans la famille. Des situations familiales ont néanmoins été documentées, ce qui suggère que des facteurs génétiques peuvent intervenir chez certaines patientes.


Les recherches ont identifié plusieurs régions chromosomiques et plusieurs gènes potentiellement associés au développement des canaux de Müller. Parmi les pistes étudiées figurent notamment les régions 17q12 et 16p11.2 ainsi que des gènes comme LHX1, HNF1B, TBX6, GREB1L ou PAX8.


Ces découvertes ne permettent toutefois pas de définir une cause unique. Le syndrome MRKH semble regrouper des situations biologiques différentes. Selon les personnes, son apparition pourrait faire intervenir un seul gène, plusieurs gènes, des variations chromosomiques ou une combinaison de facteurs génétiques et non génétiques.


Il n’existe pas un « gène du MRKH »


À l’heure actuelle, aucun test simple recherchant une seule mutation ne permet de confirmer ou d’exclure tous les cas de MRKH.

Les variations chromosomiques récurrentes retrouvées par les chercheurs ne concernent qu’une minorité des patientes. De nombreuses personnes diagnostiquées ne reçoivent donc aucune explication moléculaire précise, même après une analyse génétique approfondie.


Un résultat génétique négatif ne signifie pas que le diagnostic clinique est faux. Il signifie seulement que les connaissances ou les technologies actuelles n’ont pas identifié de cause génétique exploitable.


Un test ADN grand public peut-il diagnostiquer le syndrome MRKH ?


Non. Un test ADN grand public ne permet pas de diagnostiquer le syndrome MRKH.

Les tests vendus pour rechercher des origines, retrouver des correspondances familiales ou vérifier un lien de parenté étudient certaines régions précises de l’ADN. Ils n’analysent ni la forme de l’utérus, ni le développement du vagin, ni l’ensemble des gènes susceptibles d’intervenir dans le développement embryonnaire.


Pour comprendre les différences entre ces analyses, vous pouvez consulter notre guide consacré au fonctionnement des différents tests ADN.


Type d’examen

Ce qu’il analyse

Utilité concernant le MRKH

Test de paternité ou de filiation

Marqueurs génétiques partagés entre plusieurs personnes

Aucune valeur diagnostique pour le MRKH

Test ADN généalogique

Variations comparées à des populations et à une base de données

Peut explorer les origines, mais pas diagnostiquer le syndrome

Test du chromosome Y

Marqueurs transmis dans une lignée paternelle masculine

Ne recherche pas le syndrome MRKH

Caryotype

Nombre et structure générale des chromosomes

Aide à confirmer un profil 46,XX et à écarter certains diagnostics

Puce chromosomique

Petites pertes ou duplications de matériel génétique

Peut être proposée dans certaines situations médicales

Séquençage génétique

Variations dans des gènes sélectionnés ou dans une partie étendue du génome

Peut rechercher une cause, sans garantie d’obtenir une réponse

Échographie ou IRM

Anatomie des organes internes

Examen essentiel pour identifier une aplasie utérine


Quels examens sont réellement utilisés pour établir le diagnostic ?


Le diagnostic du syndrome MRKH repose d’abord sur une évaluation médicale et anatomique, et non sur un test ADN acheté en ligne.


Les examens peuvent comprendre :

  1. un entretien médical et un examen clinique ;

  2. une échographie pelvienne ;

  3. une IRM afin d’observer plus précisément les structures internes ;

  4. un bilan hormonal ;

  5. un caryotype ;

  6. une évaluation des reins et, selon la situation, du squelette, de l’audition ou du cœur.


Le caryotype joue notamment un rôle dans le diagnostic différentiel. La confirmation d’un caryotype 46,XX aide à distinguer le MRKH d’autres variations pouvant également provoquer une absence de règles et d’utérus visible.


Une analyse génétique plus détaillée peut être envisagée lorsqu’il existe des malformations associées, plusieurs cas dans une même famille ou un tableau clinique inhabituel. Cette décision relève d’un médecin généticien ou d’une équipe spécialisée.


Syndrome MRKH et résultat ADN « sexe indéterminé » : existe-t-il un lien ?


Un résultat indiquant que le sexe chromosomique n’a pas pu être déterminé ne permet pas de conclure à un syndrome MRKH.


Selon le type de test, un résultat non concluant peut avoir plusieurs causes :

  • une quantité d’ADN insuffisante ;

  • un échantillon de mauvaise qualité ;

  • une limite de l’algorithme utilisé par le laboratoire ;

  • une variation chromosomique inhabituelle ;

  • un mosaïcisme, lorsque toutes les cellules ne possèdent pas exactement le même profil chromosomique ;

  • une autre variation du développement sexuel sans rapport direct avec le MRKH.


Il faut donc commencer par identifier précisément le test réalisé. Un test prénatal, un test de généalogie, un test de filiation et un caryotype médical n’analysent pas les mêmes éléments.


La recherche transmise pour cet article souligne justement qu’un résultat indéterminé peut correspondre soit à une limite technique, soit à une particularité biologique. Il ne doit jamais être considéré comme un diagnostic médical en lui-même.


Pour les analyses effectuées pendant la grossesse, notre article sur le test NIPT ou DPNI rappelle également qu’un dépistage génétique n’est pas un examen diagnostique.


Pourquoi le MRKH peut-il être confondu avec d’autres situations génétiques ?


Certaines variations du développement sexuel peuvent présenter des caractéristiques apparemment proches : absence de règles, vagin plus court ou absence d’utérus visible.

Les causes biologiques sont pourtant différentes.


Syndrome MRKH


Dans la forme classique :

  • le caryotype est 46,XX ;

  • les ovaires sont généralement présents ;

  • l’utérus et la partie supérieure du vagin sont absents ou insuffisamment développés.


Insensibilité complète aux androgènes


Dans le syndrome d’insensibilité complète aux androgènes :

  • le caryotype est 46,XY ;

  • la personne possède des gonades testiculaires internes ;

  • le corps ne répond pas normalement aux hormones androgènes ;

  • l’utérus est absent.


La confirmation d’un caryotype 46,XX constitue donc un élément important pour distinguer le MRKH d’une insensibilité complète aux androgènes.


Dysgénésie gonadique 46,XY


La dysgénésie gonadique correspond à un développement atypique des gonades chez une personne possédant généralement un caryotype 46,XY.


Un cas clinique publié en 2020 a décrit une adolescente présentant une apparence féminine chez qui un test ADN commercial avait révélé de manière inattendue un profil chromosomique XY. Les examens médicaux ont ensuite identifié une dysgénésie gonadique complète.


Ce cas ne concernait pas un syndrome MRKH. Il montre surtout qu’un test grand public peut parfois révéler une information inattendue sans être capable de l’expliquer ou de poser un diagnostic.


Le syndrome MRKH empêche-t-il de faire un test de filiation ou d’origines ?


En principe, non.

Dans un syndrome MRKH classique, la personne possède un ADN nucléaire et un caryotype 46,XX habituels. Le syndrome ne modifie donc pas, à lui seul, le fonctionnement d’un test de paternité, de maternité, de fraternité ou d’origines.

Ces analyses reposent sur des marqueurs génétiques présents dans les cellules buccales ou dans d’autres échantillons biologiques. Elles ne dépendent pas de la présence d’un utérus.


Une personne atteinte du syndrome MRKH peut donc effectuer un test ADN généalogique ou participer à une analyse de filiation dans les mêmes conditions générales qu’une autre personne. Cette conclusion découle du fait que le MRKH classique est associé à un caryotype 46,XX, alors que les tests de relation comparent des marqueurs génétiques indépendants de l’anatomie utérine.


Il reste indispensable de choisir le test correspondant à la question posée. Un test du chromosome Y, par exemple, sert à comparer une lignée paternelle entre des participants possédant un chromosome Y. Il ne peut pas rechercher la cause d’un syndrome MRKH.


MRKH, ovaires et transmission de l’ADN à un enfant


L’absence d’utérus empêche généralement de porter une grossesse. Elle ne signifie pas nécessairement que les ovaires ne produisent pas d’ovocytes.

Lorsqu’ils sont fonctionnels, les ovocytes contiennent la moitié du patrimoine génétique de la personne. Une maternité génétique peut donc être envisagée dans certains parcours de procréation médicalement assistée, selon la situation médicale, les possibilités thérapeutiques et la législation du pays concerné.


Les recherches sur la transplantation utérine et les techniques de procréation assistée renforcent également l’intérêt du conseil génétique. Lorsqu’une variation potentiellement causale a été identifiée, les familles peuvent souhaiter mieux comprendre un éventuel risque de transmission. Toutefois, ce risque ne peut pas être calculé de manière générale pour l’ensemble des cas de MRKH.


Quand une consultation en génétique médicale est-elle pertinente ?


Une consultation peut être particulièrement utile lorsque :

  • le syndrome MRKH s’accompagne d’une malformation rénale, osseuse, auditive ou cardiaque ;

  • plusieurs femmes d’une même famille présentent une absence d’utérus ou une autre malformation gynécologique ;

  • le caryotype ou un précédent test a donné un résultat inhabituel ;

  • une analyse grand public a signalé une anomalie concernant les chromosomes sexuels ;

  • la personne souhaite discuter d’un projet de parentalité génétique ;

  • le diagnostic reste incertain.


Le généticien pourra reconstituer l’histoire familiale, examiner les résultats déjà obtenus et déterminer si une puce chromosomique, un panel de gènes ou un séquençage plus large présente un intérêt réel.


Que faire après un résultat ADN inhabituel ?


Un résultat inattendu ou non concluant ne doit pas être interprété seul.


La démarche la plus prudente consiste à :

  1. vérifier le nom exact et l’objectif du test réalisé ;

  2. demander au laboratoire quelles régions génétiques ont été analysées ;

  3. consulter le rapport complet plutôt qu’un simple résumé en ligne ;

  4. éviter de conclure à un syndrome MRKH ou à une autre variation sur cette seule base ;

  5. présenter les résultats à un médecin ou à un généticien ;

  6. réaliser, si nécessaire, un caryotype et des examens médicaux adaptés.


Notre guide sur l’interprétation des résultats d’un test ADN explique également pourquoi un résultat doit toujours être replacé dans le contexte du test commandé.

Lorsqu’une analyse porte sur une question médicale complexe, la fiabilité technique du laboratoire ne suffit pas. Il faut aussi que le test soit validé pour l’objectif recherché et que son interprétation soit réalisée par un professionnel qualifié. Pour approfondir ce point, consultez notre article sur la fiabilité des tests ADN et l’accréditation des laboratoires.


Conclusion : l’ADN peut apporter des indices, mais pas remplacer le diagnostic médical


Le syndrome MRKH est généralement associé à un caryotype 46,XX et à des ovaires fonctionnels, malgré l’absence ou le développement incomplet de l’utérus et de la partie supérieure du vagin.


Les recherches actuelles montrent qu’une composante génétique existe probablement dans certains cas. Elles n’ont toutefois pas identifié une cause unique applicable à toutes les personnes concernées.


Un test ADN grand public ne permet donc ni de diagnostiquer le syndrome MRKH, ni de l’exclure. Le diagnostic repose principalement sur l’imagerie, l’évaluation gynécologique et le caryotype. Les analyses génétiques plus approfondies interviennent seulement dans certaines situations, sous le contrôle d’une équipe médicale.


Face à un résultat inhabituel concernant les chromosomes sexuels, le principal réflexe doit être de vérifier le type de test réalisé et de demander une interprétation médicale. Un résultat « indéterminé » n’est pas un diagnostic et ne signifie pas automatiquement qu’une variation chromosomique est présente.


Le syndrome MRKH signifie-t-il que la personne est génétiquement masculine ?

Non. Dans la forme classique du syndrome MRKH, le caryotype est 46,XX. L’absence ou le développement incomplet de l’utérus provient d’une particularité du développement embryonnaire et non de la présence habituelle d’un chromosome Y.


Un test salivaire peut-il détecter le syndrome MRKH ?

Un test salivaire peut fournir de l’ADN, mais tout dépend de l’analyse réalisée. Les tests de filiation ou d’origines ne recherchent pas le MRKH. Une analyse médicale ciblée peut utiliser de la salive ou du sang, mais elle doit être prescrite et interprétée dans un cadre clinique.


Existe-t-il un test génétique spécifique au MRKH ?

Il n’existe pas un test unique capable de détecter tous les cas. Certaines analyses peuvent rechercher des variations chromosomiques ou des gènes associés, mais de nombreuses personnes ne reçoivent aucune explication génétique précise.


Un résultat de sexe chromosomique indéterminé indique-t-il un syndrome MRKH ?

Non. Il peut résulter d’un problème technique, d’un manque d’ADN exploitable ou d’une autre variation chromosomique. Le MRKH classique est généralement associé à un caryotype 46,XX clairement identifiable.


Le syndrome MRKH fausse-t-il un test de paternité ?

En principe, non. Un test de paternité compare des marqueurs génétiques entre un enfant et un parent présumé. La présence ou l’absence d’un utérus n’intervient pas dans cette comparaison.

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