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Test de paternité : peut-on distinguer deux pères d’une même famille (frères, grand-père, jumeaux) ?

  • 4 mars 2021
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 3 mars

Un test de paternité sert à déterminer qui est le père biologique d’un enfant en comparant l’ADN du père présumé à celui de l’enfant. Quand les pères possibles appartiennent à la même famille, la comparaison devient plus délicate, mais elle reste souvent réalisable selon les cas.



Comment fonctionne un test ADN de paternité ?


Le principe est simple : on compare l’ADN de l’enfant à celui du père présumé.

  • Si une quantité suffisante d’ADN commun est retrouvée, le test conclut que l’enfant est le sien.

  • Cette similitude est évaluée en comparant plusieurs marqueurs génétiques, et chaque individu possède un mélange unique de ces marqueurs.


Pères apparentés : pourquoi c’est plus difficile (mais pas forcément impossible)


Lorsque deux pères présumés sont biologiquement liés, une partie de leur ADN est naturellement similaire. Cela complique la lecture, car la compatibilité génétique peut être élevée avec plusieurs membres d’une même lignée.


Pour autant, ce n’est pas forcément bloquant : un laboratoire peut différencier deux profils ADN et identifier lequel correspond réellement à la paternité.


À retenir : plus le lien familial est éloigné, plus la distinction est simple. Par exemple :

  • deux frères partagent davantage de caractéristiques génétiques,

  • deux cousins en partagent moins.


Ainsi, lorsqu’on compare deux cousins dans un contexte de paternité, la probabilité d’obtenir un résultat déterminant est généralement plus élevée.


Doute de paternité : père ou grand-père (relation père-fils)


Dans certains cas, les deux pères possibles sont liés par une relation père-fils (par exemple : le père présumé et son propre père).

  • Un père transmet 50 % de son ADN à son enfant.

  • Un petit-fils / une petite-fille reçoit environ 25 % de l’ADN de son grand-père.


Cette proximité génétique augmente le risque de faux positif, c’est-à-dire un résultat à tort considéré comme positif.


Ce qu’il faut faire pour fiabiliser l’analyse


Pour limiter ce risque, il est important de :

  • prévenir le laboratoire du lien biologique entre les pères possibles, afin qu’il mette en place des analyses complémentaires ;

  • privilégier, si possible, la participation des deux pères (père et grand-père) ;

  • ajouter aussi l’ADN de la mère biologique, ce qui est fortement recommandé.


Doute de paternité entre frères


Si les pères présumés sont frères, chacun a reçu :

  • 50 % de l’ADN de sa mère,

  • et les 50 % restants de son père.


Mais attention : les frères ne reçoivent pas forcément exactement les mêmes segments, car la transmission génétique se fait de manière aléatoire. Dans ce cadre, le texte de référence rappelle que, entre deux frères, la part de gènes en commun issue :

  • du père est d’environ 25 %,

  • et celle issue de la mère est également d’environ 25 %.


La meilleure configuration


Pour identifier avec certitude lequel des deux est le père biologique, il est recommandé de :

  • faire tester les deux frères, afin de confirmer lequel partage le plus de marqueurs génétiques avec l’enfant.


Et si un seul frère peut participer ?


Si un seul frère est disponible (ou accepte le test), il existe encore de bonnes chances d’obtenir un résultat précis.

La présence de la mère n’est pas obligatoire, mais elle reste recommandée, car elle facilite l’analyse du profil génétique de l’enfant.


Doute de paternité entre jumeaux : identiques ou fraternels ?


Quand les pères présumés sont des jumeaux, la première étape est de déterminer s’ils sont :

  • jumeaux identiques,

  • ou jumeaux fraternels.


Jumeaux identiques : une limite majeure du test de paternité


Les jumeaux identiques partagent exactement le même profil génétique, car ils proviennent d’une fécondation commune et ont reçu des gènes identiques de leurs parents.


Conséquence : il devient très difficile d’identifier le père biologique, puisque l’enfant présente des gènes compatibles avec les deux.


Dans ce cas très particulier, le résultat d’un test ADN peut ne pas répondre avec certitude et fiabilité au lien de filiation. Si le doute porte sur deux jumeaux identiques, il est recommandé de ne pas faire l’analyse, car il n’existe actuellement aucune méthode suffisamment développée pour les distinguer.


Jumeaux fraternels : même logique que pour des frères


Les jumeaux fraternels ont un mélange génétique comparable à celui de frères et sœurs “classiques” (50 % père / 50 % mère). Autrement dit, les mêmes règles que pour les frères s’appliquent.


Le lien de filiation peut alors être étudié en comparant :

  • l’ADN des deux jumeaux,

  • celui de l’enfant,

  • et celui de la mère biologique.


Faire un test ADN « étendu » : augmenter le nombre de marqueurs analysés


Un test de paternité standard repose généralement sur la comparaison des allèles des participants sur 16 à 21 marqueurs.


Pour que la conclusion soit solide, il est essentiel de vérifier que l’ensemble des marqueurs testés soit parfaitement identique entre le père et l’enfant. Il faut aussi garder en tête que des mutations peuvent exister et perturber la comparaison.


Dans un contexte où les pères présumés appartiennent à la même famille, il est conseillé de demander au laboratoire d’augmenter le nombre de marqueurs testés. Le fait de multiplier (jusqu’à “décupler”) le nombre d’allèles comparés améliore la compatibilité entre profils génétiques et la précision du résultat.


Comment lire les résultats d’un test ADN ?


Les résultats reposent sur la comparaison des marqueurs génétiques testés et sur la cohérence des correspondances observées.

Pour comprendre plus facilement un rapport, vous pouvez vous appuyer sur ce guide : comment lire un résultat de test ADN.


Comment faire un test de paternité, concrètement ?


1) Prévenir le laboratoire en cas de lien de parenté


Avant toute chose, si les pères éventuels sont apparentés, il faut en informer le laboratoire. Cela lui permet d’anticiper la recherche d’éventuelles irrégularités lors de l’analyse.


2) Commander et réaliser le test


La commande d’un test peut se faire à domicile depuis le site d’un laboratoire (ex. : test de paternité).


Les participants peuvent effectuer l’analyse :

  • ensemble ou séparément,

  • même s’ils se trouvent dans des pays différents.


3) Prélèvement et envoi


Le matériel de prélèvement salivaire est envoyé par la poste, puis retourné de la même manière.

Il est aussi possible d’utiliser des échantillons non standards (cheveux, ongles, brosse à dents…). Pour savoir lesquels sont utilisables : quel échantillon pour un test ADN (cheveux, brosse à dents, mégots…).


4) Délais de résultats


  • Avec des écouvillons buccaux pour tous les participants : résultats par email sous 3 à 5 jours.

  • Si l’un des participants fournit un échantillon non standard : délai plutôt de 10 jours minimum.


5) Test privé ou démarche légale


Le test peut être demandé :

  • à titre privé dans le cadre familial,

  • ou pour une raison légale (procédure judiciaire ou administrative).

Sur l’aspect légal, un rappel du cadre officiel est disponible ici : dans quel cadre peut-on effectuer un test de paternité ? (justice.fr).


Pourquoi le test ADN du chromosome Y ne fonctionne pas si les pères sont de la même famille


Lorsque le doute concerne des pères appartenant à la même lignée masculine, il est impossible de s’appuyer sur un test ADN du chromosome Y.

Raison : le chromosome Y est similaire chez les hommes issus de la même lignée paternelle. Le test ne pourra donc pas distinguer les pères présumés.


Conclusion


Oui, un test de paternité peut souvent distinguer deux pères d’une même famille, mais la difficulté varie selon le lien biologique : cousins, frères, père/grand-père… et surtout jumeaux.


Pour maximiser la fiabilité, il est essentiel de signaler l’apparentement au laboratoire, d’envisager la participation des deux pères possibles et, lorsque c’est pertinent, de demander un test étendu avec davantage de marqueurs. Enfin, choisir le bon type d’analyse (et éviter le chromosome Y dans ce contexte) permet d’obtenir un résultat plus exploitable.

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