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Quel échantillon pour un test ADN ? Cheveux, brosse à dents, mégots…

  • 2 sept. 2023
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 mars

Pour réaliser un échantillon test ADN exploitable, la qualité du prélèvement est déterminante. Dans la majorité des cas, les laboratoires demandent un prélèvement salivaire, et ce choix n’a rien d’anodin. La salive cumule plusieurs avantages : elle est simple à recueillir, non invasive et suffisamment riche en matériel génétique pour de nombreuses analyses. D’ailleurs, les tests génétiques réalisés à domicile reposent très souvent sur ce mode de prélèvement, comme l’explique le National Human Genome Research Institute.


échantillon pour un test ADN

Pourquoi la salive est l’échantillon le plus utilisé ?


Un prélèvement simple, non invasif et accessible

Le principal avantage de la salive tient à sa simplicité. Contrairement à d’autres méthodes, son recueil ne nécessite ni geste technique complexe, ni intervention médicale. Il suffit généralement de cracher dans un tube ou de frotter l’intérieur de la joue avec un écouvillon buccal.


Ce mode de prélèvement convient donc à un très large public, quel que soit l’âge ou l’état de santé. Pour aller plus loin sur ce sujet, vous pouvez consulter notre guide sur les écouvillons buccaux et les échantillons discrets.


Un échantillon riche en informations génétiques


La salive contient des cellules épithéliales buccales, elles-mêmes porteuses d’ADN. Cet ADN peut ensuite être utilisé dans différents cadres :

  • tests de parenté ;

  • comparaisons génétiques ;

  • recherches sur les origines ethniques.

Autrement dit, un simple prélèvement salivaire peut fournir les informations nécessaires à de nombreuses analyses génétiques.


Une bonne conservation dans le temps


Autre intérêt majeur : la salive peut être conservée relativement longtemps sans dégradation importante de l’ADN. Cela laisse une certaine souplesse entre le moment du prélèvement et l’envoi au laboratoire.

Il reste néanmoins conseillé d’envoyer l’échantillon dans les trois mois suivant la collecte afin d’optimiser les conditions d’analyse.


Un envoi discret et économique


L’échantillon salivaire présente aussi un avantage logistique. Léger et peu encombrant, il peut être expédié facilement dans une enveloppe standard, sans procédure lourde ni contrainte particulière de transport.

Cela permet :

  • de limiter les frais d’envoi ;

  • de préserver la discrétion de l’expédition ;

  • de simplifier l’acheminement vers le laboratoire.

Pour mieux comprendre l’ensemble du processus, vous pouvez aussi lire notre article sur le fonctionnement d’un test ADN.


D’autres échantillons peuvent-ils être utilisés pour un test ADN ?


Même si la salive reste l’option la plus simple et la plus fiable dans de nombreuses situations, d’autres échantillons peuvent également être exploités. Certains sont considérés comme plus discrets, car ils peuvent parfois être recueillis sans prélèvement salivaire direct.


La plupart des laboratoires effectuent toutefois des vérifications et peuvent, selon les situations, exiger une confirmation du consentement des participants.

Le respect de la vie privée et des droits individuels demeure une exigence centrale dans le domaine des tests ADN. Si vous envisagez d’utiliser un échantillon plus discret, il est indispensable de vous assurer que vous respectez les procédures et les règles applicables.


L’extraction génétique : une étape essentielle du test ADN


Lorsqu’un laboratoire reçoit un échantillon biologique ou un support comme une brosse à dents ou un écouvillon buccal, la première phase consiste à extraire l’ADN.

L’ADN, qui contient les informations génétiques propres à une personne, se situe à l’intérieur des cellules biologiques. Pour l’isoler, les techniciens utilisent différentes méthodes chimiques et biologiques destinées à rompre les membranes cellulaires et à libérer le matériel génétique.


Une fois cette extraction réalisée, l’ADN est purifié puis préparé pour l’analyse. Cette étape permet d’établir un profil génétique exploitable.


Elle est indispensable pour obtenir des résultats fiables, qu’il s’agisse :

  • de confirmer un lien familial ;

  • d’explorer des origines ethniques ;

  • d’identifier certaines prédispositions génétiques.


De quoi dépend la fiabilité de l’extraction ADN ?


La qualité de l’extraction dépend en grande partie de deux éléments :

  • le type d’échantillon ;

  • les conditions de conservation.


Chaque support biologique présente ses propres contraintes en matière de stabilité de l’ADN. Les échantillons comme le sang, la salive ou le sperme frais offrent en général une très bonne qualité d’ADN lorsqu’ils sont correctement prélevés et stockés.


À l’inverse, les échantillons anciens, mal conservés ou exposés à des températures extrêmes présentent un risque plus important de dégradation.


Certains supports peuvent aussi compliquer l’analyse. C’est notamment le cas :

  • des taches de sang sur tissu, qui peuvent contenir des substances gênant l’extraction ;

  • des échantillons contaminés par des bactéries, des champignons ou d’autres agents ;

  • des supports ne contenant pas assez de matériel génétique pour produire un profil clair.


Avant toute analyse, il faut donc tenir compte :

  • de la nature de l’échantillon ;

  • de son ancienneté ;

  • de ses conditions de stockage.


Dans certains cas, un nouveau prélèvement peut être nécessaire pour obtenir un résultat exploitable. Si ce point est déterminant pour vous, il est utile de vérifier en amont la fiabilité du laboratoire ADN choisi.


Quels échantillons offrent les meilleures chances de réussite ?


Voici les principales options d’échantillons, classées selon leur taux de réussite potentiel pour l’extraction de l’ADN.


Taux de réussite d’extraction de l’ADN : 90 % ou plus


Sang ou salive sur papier filtre

Ces échantillons sont prélevés sur papier filtre, matrice ou compresse, idéalement depuis moins de 60 jours. L’ADN peut être extrait à partir des traces séchées.


Sang

Les échantillons de sang liquide frais, conservés dans des tubes avec EDTA BD Vacutainer, peuvent offrir un taux de réussite élevé.


Salive

L’ADN peut être extrait à partir d’échantillons de salive stockés dans des tubes, de préférence avec conservateur, afin de mieux préserver le matériel génétique.


Liquide séminal

L’ADN peut être obtenu à partir d’une fiole congelée, d’un écouvillon frais ou de sperme déposé sur un tissu.


Mucus ou crachat

Ces échantillons sont généralement récupérés sur un support comme un mouchoir, une serviette en papier ou un essuie-tout.


Cheveux

L’extraction ADN est possible à partir de cheveux présentant des racines visibles. Il est recommandé d’en fournir entre 7 et 10.


Brosse à dents

Après un séchage d’environ 30 minutes, une brosse à dents peut être utilisée pour tenter une extraction ADN en vue de l’analyse.


Taux de réussite d’extraction de l’ADN : 60 % à 90 %


Tache de sang sur tissu

L’ADN peut être extrait de taches de sang présentes sur différents textiles : bandages, gaze, mouchoirs, serviettes ou vêtements.


Bandelettes de test diabétique

Il est conseillé d’en fournir plusieurs pour augmenter les chances d’obtenir un ADN exploitable.


Coton-tige

L’ADN peut être obtenu à partir de cérumen recueilli sur des cotons-tiges.


Décès fœtal

Dans ce cas, un échantillon de référence de la mère est requis pour l’analyse.


Ongles

Les morceaux d’ongles des doigts ou des orteils peuvent être utilisés. Il est généralement recommandé d’en fournir entre 5 et 10.


Tissu musculaire ou organe

Les échantillons non embaumés sont fortement privilégiés.


Tache de salive sur tissu

L’ADN peut être extrait de taches de salive présentes sur de la gaze, des mouchoirs, des draps ou des vêtements. Il est important d’indiquer précisément la zone concernée.


Tache de sperme sur tissu

Comme pour la salive, l’extraction est envisageable à partir d’une tache de sperme sur tissu, à condition d’indiquer l’emplacement exact.


Cordon ombilical

Il est préférable qu’il soit séché. Un échantillon de référence de la mère est nécessaire.


Tache inconnue sur tissu

Lorsqu’une trace biologique d’origine inconnue est présente sur un tissu, une tentative d’extraction ADN peut être réalisée. Là encore, la zone doit être identifiée.


Mégots de cigarette

Il est préférable d’envoyer plusieurs mégots afin d’augmenter les chances de réussite.


Fil dentaire

Le fil dentaire ne doit pas être manipulé avec les doigts avant l’envoi.


Paille

Les pailles doivent être séchées à l’air libre avant d’être emballées.


Tampon ou serviette féminine

Certaines serviettes hygiéniques peuvent toutefois ne pas permettre d’obtenir un ADN exploitable, en raison des matériaux utilisés.


Taux de réussite d’extraction de l’ADN : 60 % ou moins


Chewing-gum

Les chewing-gums sans sucre sont à privilégier.


Tabac à chiquer

Le contenu doit être scellé dans un sac plastique, de préférence s’il date de moins de trois jours.


Sueur sur vêtements

Des accessoires comme des chapeaux, casquettes ou bandanas peuvent être exploités si des traces visibles sont présentes.


Peigne ou brosse

Le peigne ou la brosse, avec les débris présents, peut être analysé. La présence de cheveux augmente les chances d’extraction.


Préservatif

Le préservatif entier, intérieur comme extérieur, peut être soumis à l’analyse.


Rabats d’enveloppe ou timbres

Les rabats ou timbres léchés avant fermeture peuvent être utilisés pour tenter une extraction ADN.


Bijoux

Des objets tels que bagues, montres ou colliers peuvent parfois être analysés.


Rasoir

Qu’il soit électrique ou jetable, l’ensemble de la lame avec les poils peut être soumis.


Canette de soda ou verre de boisson

Il est préférable d’envoyer directement la canette ou le verre plutôt que de tenter un auto-prélèvement avec un coton-tige.


Taux de réussite selon l’échantillon : cas particuliers


Os

Les os les plus recherchés sont le fémur, l’humérus ou le métacarpe du pouce.


Dents

Les molaires sont généralement préférées.


Fèces

Elles doivent être placées dans un sac plastique scellé et expédiées avec des packs réfrigérants ou de la glace sèche.


Conclusion


Le choix d’un échantillon test ADN influence directement les chances d’obtenir une extraction exploitable. Dans la majorité des situations, la salive reste l’option la plus simple, la plus pratique et la plus adaptée. Les échantillons alternatifs comme les cheveux, la brosse à dents, les mégots ou les tissus biologiques peuvent aussi être utilisés, mais leur fiabilité dépend davantage de leur état, de leur conservation et de la quantité d’ADN réellement récupérable.


Avant d’envoyer un prélèvement non standard, mieux vaut donc évaluer soigneusement sa qualité et vérifier les exigences du laboratoire.

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