PMA et test ADN : comment vérifier la filiation après une procréation médicalement assistée
- 14 avr. 2021
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Dernière mise à jour : 12 mars
La procréation médicalement assistée, aujourd’hui désignée dans le cadre légal français par le terme AMP, regroupe plusieurs techniques médicales destinées à aider à concevoir un enfant lorsqu’une grossesse ne peut pas survenir naturellement. Elle comprend notamment l’insémination artificielle et la fécondation in vitro. En France, l’AMP est encadrée par la loi de bioéthique.

Dans ce contexte, le test ADN après PMA peut devenir un outil de vérification utile lorsqu’un doute apparaît sur le lien biologique entre l’enfant et l’un ou ses parents. Même si les erreurs restent rares, elles ne sont pas théoriquement impossibles lorsqu’une procédure repose sur des manipulations humaines, des échantillons biologiques et des étapes de laboratoire.
Qu’est-ce que la PMA ou AMP ?
La PMA, également appelée AMP, désigne l’ensemble des pratiques médicales et biologiques utilisées pour accompagner un projet parental. Selon l’Assurance Maladie, elle couvre notamment la conception in vitro, le transfert d’embryons et l’insémination artificielle.
Les principales techniques utilisées
L’insémination artificielle
L’insémination artificielle consiste à introduire artificiellement le sperme au moment de l’ovulation afin de favoriser une fécondation naturelle. Le sperme utilisé peut être celui du conjoint ou celui d’un donneur.
La fécondation in vitro (FIV)
La FIV consiste à réaliser la fécondation entre l’ovule et le spermatozoïde en laboratoire. Une fois l’embryon obtenu, celui-ci est transféré dans l’utérus afin que la grossesse puisse se poursuivre naturellement. Cette technique peut être réalisée avec les gamètes du couple ou avec un don.
La gestation pour autrui (GPA)
La gestation pour autrui consiste à faire porter l’enfant par une femme tierce après une fécondation réalisée en laboratoire. Le principe biologique est proche d’une FIV avec transfert embryonnaire. En revanche, il faut préciser qu’en France, la GPA fait partie des pratiques interdites.
Une erreur est-elle possible lors d’une PMA ?
Oui, une erreur peut survenir au cours d’une PMA. Le risque est faible, mais il existe, car ces procédures reposent sur une intervention humaine à plusieurs étapes : identification, manipulation, conservation, préparation et transfert des échantillons.
Lorsque des gamètes ou un embryon sont échangés par erreur, le processus médical peut tout de même aboutir à une grossesse. En revanche, la confusion peut apparaître plus tard, lorsque l’enfant présente des caractéristiques génétiques inattendues au sein de la famille.
Cela peut se traduire par des écarts perçus sur plusieurs éléments, par exemple :
la couleur des yeux, des cheveux ou de la peau ;
certaines ressemblances physiques ou l’absence de ressemblance ;
une tache de naissance ;
le groupe sanguin ;
certaines prédispositions génétiques.
Comment une erreur peut-elle se produire lors d’une FIV ?
Les erreurs de FIV restent rares, notamment parce que les procédures sont strictement encadrées. Néanmoins, les échantillons manipulés sont de très petite taille et ne peuvent pas être différenciés à l’œil nu. Leur identification repose donc largement sur l’étiquetage, la traçabilité et les protocoles de laboratoire.
Une erreur peut notamment se produire dans les cas suivants :
mauvais étiquetage d’un échantillon ;
inversion de récipients pourtant déjà identifiés ;
contamination liée à un matériel insuffisamment nettoyé ;
confusion au moment de la manipulation ou du transfert.
Pour limiter ce risque, il est prudent de vérifier en amont la qualité du centre choisi, ses procédures, son niveau d’accréditation et les retours d’expérience disponibles.
Comment vérifier la filiation après une PMA ?
Après une assistance médicale à la procréation, certains parents peuvent ressentir un doute sur le lien biologique avec l’enfant, surtout lorsque certains éléments semblent inattendus. Dans cette situation, la vérification visuelle ou familiale ne suffit pas à établir une filiation avec certitude.
Le moyen le plus fiable consiste à recourir à une analyse génétique. Un test ADN permet de comparer le profil génétique de l’enfant avec celui d’un parent présumé ou d’autres membres de la famille afin d’évaluer la relation biologique.
Quel test ADN faire après une PMA ?
Le choix du test dépend des personnes disponibles pour la comparaison. Plus la comparaison est directe, plus le résultat est fiable. C’est pourquoi il est généralement recommandé de réaliser l’analyse avec les parents présumés dès que possible.
Le test de paternité
Le test de paternité compare l’ADN de l’enfant avec celui d’un père présumé afin de déterminer s’il existe un lien de filiation biologique direct. Sur InfoTestADN, ce test est présenté comme une analyse directe entre un père supposé et un enfant.
L’analyse peut être réalisée à partir :
d’échantillons salivaires ;
ou d’échantillons discrets, comme les cheveux, les ongles ou une brosse à dents.
Le test ADN de paternité permet d’exclure une paternité avec certitude en cas de résultat négatif et d’indiquer une très forte probabilité en cas de résultat positif. Les contenus récents d’InfoTestADN évoquent une fiabilité supérieure à 99,99 % pour un résultat positif sur ce type de test.
Faut-il ajouter l’ADN de la mère ?
L’échantillon de la mère peut être ajouté à l’analyse de paternité afin d’obtenir un rapport plus complet sur les profils génétiques comparés. En revanche, cela ne permet pas de conclure sur le lien biologique maternel. Si le doute concerne aussi la mère, un test distinct doit être réalisé.
Le test de maternité
Le test de maternité repose sur le même principe, mais cette fois entre l’enfant et une mère présumée. Il s’agit de l’analyse la plus directe lorsqu’il faut vérifier une filiation biologique maternelle. Les contenus récents du site présentent ce test comme la solution la plus fiable pour confirmer ce lien.
Comme pour la paternité, l’analyse peut être effectuée avec :
un prélèvement salivaire ;
ou des échantillons non standards, comme les cheveux, les ongles ou une brosse à dents.
Le test de maternité permet lui aussi d’exclure une maternité avec certitude en cas de résultat négatif et de conclure à une très forte probabilité en cas de résultat positif.
Si les parents ne sont pas disponibles : les tests indirects
Lorsque les parents présumés ne peuvent pas participer, l’enfant peut être comparé à d’autres membres de la famille. Ces analyses sont moins directes et donc moins concluantes qu’un test de paternité ou de maternité. Elles reposent sur des probabilités qui varient selon le nombre de participants et la qualité de la comparaison génétique.
Les principales options sont les suivantes :
test de fraternité ;
test avunculaire ;
Le test grands-parents est particulièrement utile lorsque le parent direct ne peut pas être testé. InfoTestADN indique qu’il permet d’évaluer une filiation indirecte entre l’enfant et ses grands-parents, avec une fiabilité améliorée lorsqu’un parent biologique peut aussi être ajouté à l’analyse.
Le test d’ADN mitochondrial
Le test d’ADN mitochondrial permet d’étudier une lignée strictement maternelle. Il peut être utilisé entre des personnes issues d’une même lignée féminine, notamment entre frères et sœurs ayant la même mère ou entre femmes partageant la même ascendance maternelle. Le résultat est généralement formulé comme compatible ou non compatible avec cette lignée. Les ressources d’InfoTestADN présentent ce test comme adapté à la vérification d’une lignée maternelle commune.
Les tests du chromosome Y et du chromosome X
Dans certaines situations, il est aussi possible d’utiliser des tests ciblant des lignées spécifiques.
Le chromosome Y
Le test du chromosome Y peut être utile dans une recherche de filiation paternelle entre hommes appartenant à la même lignée paternelle. Il est transmis de père en fils.
Le chromosome X
Le test du chromosome X peut être utilisé dans certaines recherches de filiation maternelle ou paternelle selon la configuration familiale et le sexe de l’enfant, en particulier entre femmes de la même lignée dans certains cas précis. InfoTestADN le présente notamment comme utile dans certaines comparaisons impliquant des filles ou une grand-mère paternelle.
Limite importante : si le donneur est un proche parent
Il faut garder un point essentiel à l’esprit : si le donneur utilisé dans la PMA est un membre proche de la famille des parents, l’interprétation d’un test ADN peut devenir beaucoup plus complexe.
Dans cette configuration, la proximité génétique peut réduire la capacité du test à distinguer clairement les différentes hypothèses de filiation.
Dans les cas les plus complexes, la seule approche réellement pertinente consiste à comparer directement l’ADN des personnes potentiellement concernées dans une analyse élargie, avec inclusion de l’enfant et du parent biologique identifié.
Conclusion
Le test ADN après PMA est la solution la plus fiable pour vérifier une filiation biologique lorsqu’un doute apparaît après une insémination, une FIV ou une autre procédure de procréation assistée. Plus la comparaison est directe, plus la conclusion est solide. Dans l’idéal, il faut donc privilégier un test de paternité ou de maternité avec les parents présumés, puis envisager des tests indirects seulement lorsque cette option n’est pas possible.
Pour mieux comprendre le cadre médical de l’AMP, vous pouvez consulter la page de référence de l’Assurance Maladie sur l’assistance médicale à la procréation.
