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Comment faire un Test ADN avec une personne décédée ?

  • 10 déc. 2021
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 mars


Faire un test ADN avec une personne décédée est parfois envisagé lorsque le doute porte sur un lien de filiation, ou lorsqu’aucun prélèvement “classique” n’a pu être réalisé de son vivant. Dans ce contexte, la question centrale est simple : quel échantillon ADN est réellement exploitable, et dans quelles conditions ?


test adn avec une personne décédée

Voici les options possibles, leurs limites, et les points administratifs à anticiper pour viser un résultat aussi fiable que possible.


1) Bien choisir l’échantillon : la base d’un résultat fiable


Pour effectuer un test ADN, le choix de l’échantillon est déterminant.


Les échantillons recommandés (quand la personne est vivante)


En analyse de filiation, il est généralement conseillé d’envoyer au laboratoire :

  • des écouvillons buccaux,

  • avec un échantillon salivaire.


Les échantillons “non standards” (quand les écouvillons ne sont pas possibles)


Dans de nombreuses situations, il est aussi possible d’utiliser des échantillons non standards, notamment :

  • des coupures d’ongles,

  • des échantillons de sang,

  • des écouvillons auriculaires (cérumen),

  • ou d’autres échantillons similaires.


Ces prélèvements sont souvent faciles à collecter et peuvent dépanner lorsque les écouvillons buccaux ne peuvent pas être réalisés. Pour mieux comprendre les cas d’usage et les précautions, vous pouvez consulter notre guide sur les échantillons non standards pour un test ADN.


2) Après les obsèques : peut-on encore récupérer de l’ADN ?


Il arrive qu’un test ADN soit envisagé après les obsèques. Dans ce cas, des échantillons peuvent encore être collectés sous certaines conditions, afin d’obtenir un résultat le plus fiable possible.


Récupérer des objets ou traces ayant appartenu au défunt


La première étape consiste souvent à rechercher des échantillons déjà existants, ayant appartenu à la personne décédée.


Deux facteurs influencent fortement la qualité d’analyse :

  • la conservation de l’échantillon,

  • le délai entre le prélèvement (ou la trace) et le début des analyses.


Dans la majorité des cas, si le décès remonte à plusieurs années, les échantillons risquent de fournir un profil génétique dégradé et incomplet.


Exemples d’échantillons utilisables (liste non exhaustive)


  • Échantillon capillaire avec la racine

  • Coupures d’ongles

  • Tâche de sang sur vêtement ou pansement

  • Cérumen sur Cotons-Tiges

  • Dents

  • Rasoir

  • Brosse à dents


Coût et complexité : pourquoi le post mortem revient souvent plus

cher


Les tests génétiques post mortem coûtent généralement plus cher, notamment :

  • à cause du nombre limité d’échantillons disponibles,

  • et de leur état au moment de l’analyse.


Il est également très fréquent que l’extraction de l’ADN nécessite plusieurs essais avant d’obtenir une empreinte génétique complète.

Dans ce contexte, il est recommandé d’envoyer le plus d’échantillons possible au laboratoire.


3) Consentement : un point incontournable avec l’ADN d’un défunt


Qui peut autoriser l’utilisation d’un échantillon ?


Le consentement pour l’utilisation de l’échantillon d’une personne décédée peut être fourni uniquement par les plus proches parents, sauf si la personne a laissé une déclaration écrite avant son décès.


Le laboratoire procède généralement à une vérification :

  • du lien de filiation légal,

  • et du certificat de décès du participant.


Cas médico-légal : quand une ordonnance est nécessaire


Dans les affaires médico-légales, une ordonnance du tribunal est nécessaire pour obtenir un échantillon sans l’approbation du plus proche parent ou sans permission du défunt (par exemple dans une affaire d’homicide nécessitant un test ADN pour clarification).


4) Quels échantillons prélever directement sur un corps décédé ?


Plus le prélèvement est réalisé tôt, plus les chances d’obtenir des échantillons viables augmentent : la décomposition dégrade l’ADN. Certains échantillons ne restent exploitables que pendant une courte période.


Ongles et cheveux


Les ongles et les cheveux/poils avec la racine peuvent être récupérés sur le corps sans dégradations visibles.

Ils peuvent se conserver plusieurs mois avant analyse, et représentent souvent la solution la plus simple à extraire.


Os et dents


Les os sont des échantillons de très bonne qualité pour préserver l’ADN. En règle générale :

  • plus l’os est gros, plus il peut fournir de moelle osseuse, qui contient l’information génétique.


Les dents, comme les os, sont également d’excellents échantillons :

  • restant en place au niveau de la mâchoire,

  • elles conservent l’ADN présent dans la racine sur une très longue période,

  • et peuvent être retirées assez facilement.


Sang (parfois conservé par les funérariums)


Certains funérariums prélèvent et conservent un échantillon de sang disponible pendant un à deux ans. Cela peut être fait sur demande ou dans le cadre du service fourni par la chambre funéraire.

À noter : plus le sang est laissé à sécher longtemps, moins il est fiable à tester.


Attention à l’embaumement


Le prélèvement d’échantillons de contrôle avant l’enterrement n’est possible que durant une période très courte, avant le début du processus d’embaumement. Sinon, le liquide d’embaumement interférera avec l’échantillon d’ADN.


5) Exhumation et test ADN : principe, intérêt et limites


Qu’est-ce qu’une exhumation ?


L’exhumation consiste à sortir un cercueil ou les restes du défunt d’une fosse ou d’un caveau. Elle est soumise à autorisation, pouvant être demandée :

  • par la famille du défunt,

  • ou à l’initiative de la mairie, de la sécurité sociale ou de la justice.


Pour le cadre administratif général, vous pouvez consulter la page officielle : Service-Public.fr – Exhumation.


Pourquoi l’exhumation peut être envisagée pour l’ADN ?


L’exhumation peut être intéressante car il existe une possibilité qu’il reste de l’information génétique préservée sur la personne.


Cependant, ce n’est pas toujours simple : la démarche doit tenir compte :

  • du consentement de la famille,

  • des interdictions religieuses,

  • et des lois du pays concernant la filiation post-mortem.


Une procédure souvent longue, complexe et coûteuse


Le processus d’exhumation peut être :

  • long,

  • compliqué,

  • et très coûteux.


Il faut aussi considérer l’état réel du corps au moment où il est déterré. Plus le décès est ancien, plus les chances de trouver des échantillons valables diminuent.


6) Peut-on faire un test ADN avec des cendres incinérées ?


Les cendres incinérées peuvent, dans certains cas, être proposées comme échantillon. Elles proviennent de la crémation, une technique funéraire qui réduit le corps en cendres par l’action de la chaleur. La crémation correspond à une volonté exprimée de manière explicite du vivant de la personne.


Fiabilité : très faible probabilité d’obtenir un résultat précis


En pratique, tester l’ADN sur des restes incinérés a très peu de chances de fournir un résultat précis :

  • les températures utilisées carbonisent les restes à un point tel que l’échantillon devient peu fiable,

  • car la chaleur détruit l’ADN nécessaire à l’analyse.


Il peut arriver qu’une petite partie reste exploitable (par exemple un morceau d’os), mais uniquement si la crémation est incomplète. Le laboratoire peut essayer de le tester, mais l’exposition à la forte chaleur rend plus probable que l’échantillon ne soit pas viable.


Point important : les cendres ne peuvent pas être retournées


Les cendres envoyées au laboratoire seront utilisées pour l’analyse et ne pourront pas être retournées à la famille. Il faut en tenir compte :

  • le test ne pourra pas être refait une seconde fois,

  • et vous ne disposerez plus des cendres du défunt.


Quantité d’échantillon demandée (cendres)

  • Pour un homme adulte : 2500–3000 g

  • Pour une femme adulte : 1800–2000 g


Habituellement, les restes incinérés sont en possession du plus proche parent, ce qui facilite l’accès à un échantillon pour un test. Sinon, une demande du tribunal est nécessaire. Dans tous les cas, le consentement légal de la famille doit être fourni pour demander une analyse auprès d’un laboratoire accrédité.


7) Quand il n’y a pas d’échantillon : le test ADN de reconstruction familiale


Si les échantillons du défunt ne donnent aucun résultat, ou s’il n’y a aucun échantillon disponible, la dernière option consiste à réaliser un test ADN avec les membres de la famille la plus proche.


Une partie de notre ADN est partagée avec notre famille : plus le lien est proche, plus la part d’ADN commun est élevée. Pour “retrouver” génétiquement une personne absente, il peut être utile d’inclure les proches les plus pertinents, par exemple :


  • les grands-parents (grand-mère & grand-père)

  • les parents (père & mère)

  • les tantes & oncles

  • les frères & sœurs

  • les nièces & neveux

  • les petits-enfants (petit-fils & petite fille)


Fiabilité : priorité aux parents directs, et au nombre de participants


Les meilleurs tests sont ceux liés aux parents directs. La fiabilité dépend aussi du nombre de participants disponibles pour établir le lien de filiation.

Dans une recherche de paternité, les tests des grands-parents, les tests avunculaires et les tests entre frères et sœurs sont souvent les meilleures options pour reconstituer le profil du père.


Ressources utiles sur le sujet :


Démarches : pas de procédure si tout le monde est d’accord

Ces tests ne nécessitent aucune procédure judiciaire ou administrative si tous les participants sont d’accord pour fournir leur ADN dans la recherche du défunt.


Un test ADN post mortem est envisageable, mais son efficacité dépend avant tout de la qualité des échantillons, de leur conservation et du temps écoulé. Lorsqu’il est possible, mieux vaut privilégier plusieurs prélèvements (ongles, cheveux avec racine, dents, traces de sang), et anticiper la question du consentement familial.


Si aucun échantillon exploitable n’est disponible, la reconstruction familiale peut offrir une alternative cohérente, surtout lorsque plusieurs proches acceptent de participer. Pour avancer sereinement, l’approche la plus simple reste de réunir les éléments disponibles, de choisir un laboratoire accrédité, et de préparer les justificatifs demandés afin d’éviter les retards.


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