top of page

Test ADN avec des cendres ou des restes humains : est-ce possible ?

  • 13 août 2023
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 11 mars

Il est courant de penser qu’un test ADN avec des cendres est impossible. Cette idée repose sur un constat concret : l’incinération est généralement perçue comme un processus qui détruit totalement les restes du défunt, au point de faire disparaître tout matériel génétique exploitable.


Pourtant, les progrès technologiques ont fait évoluer les possibilités d’analyse. Dans certains cas, il est désormais envisageable d’effectuer une analyse génétique à partir de restes humains incinérés, ce qui ouvre une solution aux familles qui souhaitent confirmer un lien de filiation avec un proche décédé.


test adn avec des cendres

Si vous cherchez à savoir s’il reste de l’ADN dans un échantillon après crémation, l’analyse génétique de restes incinérés peut constituer une piste utile.

Aujourd’hui, certains laboratoires se spécialisent dans l’extraction d’ADN à partir de restes incinérés ou de restes humains. Ils prennent en compte les contraintes très spécifiques liées à la crémation. Les résultats sont de plus en plus exploitables, soit pour confirmer l’absence d’ADN dans l’échantillon, soit, dans certains cas, pour obtenir un profil génétique exploitable.


L’incinération détruit-elle toujours toute possibilité d’analyse ADN ?


L’incinération consiste à brûler les restes d’une personne décédée. Le corps est placé dans un crématorium et exposé à de très fortes températures, généralement comprises entre 1 400 °C et 1 800 °C, jusqu’à être réduit en fragments osseux et en cendres.

Après la crémation, les restes peuvent être conservés dans une urne funéraire, dispersés dans un lieu symbolique ou utilisés dans un cadre rituel.


Dans certains contextes, il peut toutefois être nécessaire de vérifier l’identité ou l’authenticité des restes. C’est là qu’un test ADN peut être envisagé. Même si la crémation est une pratique largement admise, il existe des situations où une analyse ADN sur des restes humains devient importante afin de limiter les erreurs d’identification ou les confusions.


Quel échantillon faut-il privilégier pour un test ADN après incinération ?


Pour un test réalisé après crémation, l’échantillon utile doit obligatoirement provenir des os ou des dents du défunt.

En effet, les températures extrêmes atteintes dans le four crématoire ne laissent généralement viables, après le processus, que ces structures minéralisées. Même si elles ont été fortement altérées par la chaleur, elles peuvent encore contenir des traces d’ADN exploitables pour une analyse génétique.


En revanche, les cendres elles-mêmes, composées principalement de phosphates de calcium secs et de quelques minéraux résiduels, ne contiennent pas suffisamment d’ADN pour convenir à un test ADN.


Autrement dit, lorsqu’on parle de test ADN avec des cendres, il faut comprendre que ce ne sont pas les cendres fines qui sont recherchées, mais plutôt les fragments osseux ou dentaires éventuellement présents parmi les restes incinérés.


D’ailleurs, en médecine légale, les dents et les os sont considérés comme des sources de référence lorsque les tissus sont dégradés ou absents, car ce sont souvent les matériaux les plus résistants pour tenter une identification génétique, comme le rappelle la littérature scientifique spécialisée sur les restes humains altérés par le feu (étude de référence sur les dents comme source d’ADN en identification médico-légale).


ADN dans une dent : quelle zone est utilisée ?


Dans une dent, l’ADN se trouve principalement dans les cellules de la pulpe dentaire. Cette pulpe est située au centre de la dent et contient des cellules vivantes à partir desquelles l’ADN peut être prélevé.


Pour ce type d’analyse, les dents les plus souvent privilégiées sont :

  • les molaires,

  • les prémolaires,

  • les canines.


ADN dans un os : quelles parties sont les plus intéressantes ?


Dans un os, l’ADN est présent dans les cellules des tissus osseux, notamment au centre de l’os. Son extraction peut être plus complexe en raison de la densité du matériau.

Les os les plus souvent recherchés sont :

  • les os longs, comme le fémur,

  • l’humérus,

  • certains os crâniens,

  • la mandibule.


Ces éléments peuvent parfois conserver un ADN exploitable malgré les dégradations thermiques.


Comment faire un test ADN avec des restes incinérés ?


Le choix du test dépend avant tout de votre objectif et des personnes disponibles pour la comparaison.


En pratique, un test ADN repose sur une analyse comparative entre au moins deux participants. Le laboratoire compare les profils génétiques afin d’évaluer un lien biologique et de mesurer la probabilité de parenté.


Même lorsque des restes incinérés peuvent fournir une source d’ADN, le choix de l’analyse est déterminant. Toutes les recherches génétiques ne sont pas possibles avec ce type d’échantillon. Certaines restent encore irréalisables à ce jour.

Il est donc indispensable de bien se renseigner sur le test le plus adapté avant d’engager une analyse.


Si la personne concernée est décédée, vous pouvez aussi consulter notre guide sur le test ADN avec une personne décédée, qui détaille les autres types d’échantillons envisageables et les limites du post mortem.


De la même façon, lorsque le parent direct ne peut pas être testé, certaines analyses indirectes peuvent être envisagées selon la situation familiale, par exemple via un test ADN de filiation grands-parents ou un test ADN entre frères et sœurs.


Peut-on utiliser ces échantillons pour la généalogie ?


Non. Les échantillons provenant de restes incinérés ou de cendres ne peuvent pas être utilisés pour des recherches généalogiques.


Qui peut donner le consentement pour ce type de test ADN ?


Pour respecter les exigences légales et éthiques, le consentement doit être donné par un parent proche du défunt ou par son représentant légalement autorisé.

Dans la plupart des cas, le laboratoire demande des justificatifs afin de vérifier que la personne qui formule la demande est bien habilitée à autoriser l’utilisation des échantillons du défunt.


Les documents généralement requis sont :

  • l’acte de décès du défunt ;

  • une pièce d’identité valide de la personne qui donne son consentement ;

  • si nécessaire, des documents officiels prouvant le lien avec le défunt, par exemple un acte de naissance, lorsque ce lien n’apparaît pas directement sur l’acte de décès.


Comment envoyer des restes incinérés pour un test ADN ?


Les cendres incinérées, en tant que matière dépourvue de tissu organique vivant, ne présentent pas de danger sanitaire particulier. En revanche, pour la bonne conservation des échantillons, il est préférable d’éviter les boîtes ou tubes en plastique pour le stockage ou l’expédition.


Il est recommandé d’utiliser un support en papier ou en carton, qui permet une manipulation plus adaptée des restes envoyés au laboratoire. Ce choix facilite aussi l’expédition en allégeant le colis.


À titre indicatif, les restes incinérés d’un homme adulte représentent généralement environ 2 500 à 3 000 grammes, tandis que ceux d’une femme adulte représentent environ 1 800 à 2 000 grammes.


Enfin, il faut savoir qu’en cas de réussite comme d’échec du test sur ce type d’échantillon, le coût de l’analyse n’est pas remboursable, puisque le travail de laboratoire a bien été réalisé.


Conclusion


Un test ADN avec des cendres ou des restes humains n’est donc pas totalement exclu, mais il faut distinguer les cendres fines des fragments osseux et dentaires, qui sont les seuls échantillons potentiellement exploitables après une crémation.


La faisabilité dépend ensuite de plusieurs facteurs : la qualité des restes conservés, le type de relation biologique à vérifier, les participants disponibles pour la comparaison et les exigences de consentement.


Avant toute démarche, le plus important est d’identifier le bon test et de vérifier si l’échantillon disponible permet réellement une analyse pertinente.

bottom of page